Samedi 20 mars 2010 avait lieu la troisième édition de l'Ecotrail de Paris.
80 km de Saint Quentin les Yvelines au premier étage de la tour Eiffel à travers les différentes forêts du sud ouest parisien.
Pour ma part, quelques pépins physiques durant les 3 dernières semaines ont perturbé ma préparation. 1 semaine avant je ressens une douleur et ne fait plus rien pendant celle-ci, juste une séance d'osthéo jeudi soir pour remettre mon bassin.
Bref je prends le départ en craignant que cette douleur se réveille. Je me dis que je verrai bien.
Je rejoins sur place 4 autres collègues de trail (François, Oliver, Romain et Josselin). Josselin est encore moins chanceux que moi, il s'est fracturé une côte et ne prendra pas le départ fort logiquement.
On est finalement une petite équipe de 4 à tenter l'aventure. Le temps était incertain avec de forts risques de pluie.
Le départ est donné à 12h30 sous un ciel clément. La première partie est constituée de 21km tranquille. Il faut juste penser à bien s'alimenter et boire pour la suite et ne pas trop en faire.
Premier ravitaillement au 21éme km, ma douleur s'est réveillée (plus une impression de contracture de la fesse) mais elle n'empire pas. Je me dis que de toute façon j'aurai bientôt mal ailleurs et que j'oublierai celle-ci. Déjà 1h58 de course, 10 min de plus qu'il y a deux ans. Je pense surtout à finir, le temps on verra ça une autre fois. Les sensations ne sont pas super. Par contre le temps est de la partie, il y a même du soleil par moment.
On entre dans le vif du sujet, du km 21 à 63 c'est la partie la plus rude. Je sens que ca ne va pas être une partie de plaisir. Les kilomètres qui suivent me le confirment, je souffre derrière Olivier (il monte les côtes comme un cabri). Bref on arrive au 53éme km en 5h25 environ. J'ai limite des crampes en arrivant en haut de la dernière côte. Les 10 prochains kms sont difficiles alors je me ravitaille bien. Les jambes ne tournent plus très bien. Pour le moment le temps s'est couvert mais pas de pluie.
Le départ est difficile pour se remettre en jambes, finalement j'en viens à souhaiter des côtes pour pouvoir marcher et ne pas me traîner. J'ai du mal à tenir le rythme d'Olivier. A quelques kilomètres du ravito, c'est très dur et j'envoie balader les gentils bénévoles qui disent: «plus qu'un kilomètre» Tu parles ça fait 2 kms que j'entends ça.
Enfin on arrive au haras de Jardy au km 63 en 7h03 . Il fait nuit et il va falloir sortir la frontale. L'autre nouveauté c'est l'arrivée de la pluie. Je m'équipe avec ma veste et ma lampe frontale. Mentalement il ne reste plus que 17kms relativement plats ou en descente. La fin approche et je ne ressens plus ma douleur car j'en ai plein d'autresJ.
C'est reparti mais je sens que je me suis refroidi et les jambes sont très raides. Je laisse filer Olivier. Après 20 min je me sens mieux et aperçoit devant un petit groupe. Je décide de me lâcher et de profiter de cette embellie de forme. Je reviens sur le groupe et retrouve Olivier au sein de celui-ci.
Le ravitaillement du 70éme km est déjà là, c'est passé très vite (7h46 de course). On contemple la tour Eiffel, se restaure un peu et c'est reparti. La partie la moins agréable car sur les quais. Ca veut dire du béton qui résonne bien dans les jambes. Cette fois on décide de finir ensemble.
La pluie s'invite et elle ne fait pas semblant. Nous courons sur un véritable matelas d'eau.
Arrivé non loin de la tour une nouvelle surprise nous attend, on fait un demi-tour pour prendre un chemin. Ca rajoute seulement 300m mais bon moralement ce n'est pas facile. Ca y est on atteint les marches du pont qui mène au champ de Mars.
On décide de prendre notre temps et nous marchons tranquillement jusqu'au bas de la tour Eiffel. De nombreuses personnes nous encouragent et c'est très touchant. Ensuite c'est la montée des 384 marches du premier étage. Heureusement qu'il y a des rambardes pour s'aider des bras.
Dernière photo avant de franchir la ligne et ça y est, nous y sommes en 9h7. Finalement nous finissons 180eme sur 1200 arrivants (pas si mal après tout).
Ensuite nous redescendons rapidement par l'ascenseur et nous allons manger un bon morceau sous la tente. La couverture de survie est bien utile pour se tenir au chaud. Pendant que nous mangeons, Romain arrive et nous l'encourageons.
Malheureusement François a été contraint à l'abandon au 53éme km suite à une mauvaise hydratation et alimentation. Ce n'est que partie remise.